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Article Open Access

Profil bactériologique et antibiothérapie des péritonites post opératoires

Missaoui, K., Marzougui, Y., Kouka, J., Dhibi, Y. ...[et al.]

Archives de l’Institut Pasteur de Tunis (2014) — Vol.91 (1-4) — https://doi.org/04pwyer06voir sur pist.tn

Abstract

During the postoperative peritonitis (PPO) the main stay of treatment is the choice of probabilistic antibiotictherapy, it is also the main prognostic factor. The aim of our study was to identify anappropriate antibiotic protocol to the current ecology of our unit. It was a retrospective study including 102 patients over a period of09yearsfrom 1January 2003 to30 November 2011.All of them are supported for the treatments of postoperative peritonitis in surgical intensive care unit of a service of general surgery a university hospital Charles Nicolle of Tunis. All bacteriological data (germs and sensitivity), and the terms of therapeutic modality for the empirical antibiotic therapy were listed. The incidence of PPO was O,90%.The average age of our patients was 57±18 years. The sex ratio was 1.08. One hundred and seven (107) microorganisms were isolated from 72 samples (44 microbial mono, 28 multi microbial). The frequency of gram-positive cocci (GPC) was 16.82 %, the Gram-negative bacilli (BGN) was 82.2 %. The Enterobacteriaceae have proved particularity resistant. Thus, the ampicillin resistance was 87.14 %, that the C3G was 33.80 %, the Piperacillin to Tazobactam combination, was 36.5 % and that the association Ticarcillin - clavulanic acid was 43.6 %. For non-fermenting BGN , Pseudomonas aeruginosa was sensitive to ticarcillin in 80 % of cases, to ceftazidime in 66.6 % of cases, PiperacillinTazobactam - in 71.43% of cases, imipenem in 85 72% of cases, colimycin in 100 % of cases and Amiklin in 71.43 % of cases For CGP, enterococci were resistant to ampicillin in 50% of cases and vancomycin in 0 % of cases. The majority of patients received triple antibiotic therapy (59.8%) or combination therapy (34.3 %). The main associations were: cefotaxime + Gentamycin + Metronidazole (35.2 %), Amikacin Imipenem + + Metronidazole (12.7%), Imipenem + amikacin (9.8 %), Piperacillin / Tazobactam + amikacin (9.8 %) + amikacin and ertapenem (5.88 %). Probabilitic antibiotic therapy was addapted in 69.4 % of cases. The average duration of the prescribed antibiotic was 11 days ± 6 days. The mortality rate was 39.2 %, was 32.23 days. The isolated microorganisms are those of the intestinal flora which is generally changed and thus the bacteria are selected then are multidrug resistant. Prescribing antibiotics should consider probabilistic. Thus, Imipenem-Amiklin combination seems appropriate to our ecology. This empiric antibiotic therapy is secondarily adapted to the results of susceptibility testing to limit the selection of multi-resistant organisms

Keywords: Peritonitis, postoperative, bacteriology, antibiotherapy, mortality

Résumé :

Lors des péritonites post opératoires (PP O) le choix de l’antibiothérapie probabiliste est un facteur déterminant du pronostic. L’objectif de ce travail était de dégager un protocole d’antibiothérapie adaptée à l’écologie actuelle de notre unité. Il s’agit d’une étude rétrospective réalisée sur une période de 09 ans, allant du 1er janvier 2003 au 30 novembre 2011 et intéressant 102 patients pris en charge pour péritonite post opératoire dans une unité de réanimation chirurgicale d’un service de chirurgie générale de l’hôpital universitaire Charles Nicolle de Tunis. Tous les résultats bactériologiques (germes et antibiogrammes), ainsi que les modalités d’antibiothérapie empiriques ont été répertoriés. L’incidence des PP O était de O,9%. L’âge moyen de nos patients était de 57±18 ans. Le sex-ratio était de 1,08. Cent-sept (107) microorganismes ont été isolés dans 72 prélèvements (44 mono microbiens, 28 pluri microbiens). La fréquence des bacilles à Gram négatifs (BGN) était de 82,2%, celle des cocci à Gram positif (CGP) était de 16,8%. Les entérobactéries se sont avérées particulièrement les germes les plus résistantes. Ainsi, la résistance à l’ampicilline était de 87,1%, celle aux C3G était de 33,8%, celle à l’association Pipéracilline-Tazobactam était de 36,5% et celle à l’association Ticarcilline-Acide clavulanique était de 43,6%. Pour les BGN non fermentants, Pseudomonas aeruginosa était sensible à la ticarcilline dans 80% des cas, à la ceftazidime dans 66,6% des cas, à la Pipéracilline-Tazobactam dans 71,4% des cas, à l’imipénème dans 85,7% des cas, à la colimycine dans 100% des cas et à l’Amikacine dans 71,4% des cas. Pour les CGP, les entérocoques étaient résistants à l’ampicilline dans 50% des cas et à la vancomycine dans 0% des cas ( un entérococcus de résistance intermédiaire à la vancomycine a été identifié). La majorité des patients ont reçu une triple antibiothérapie (59,8%) ou une bithérapie (34,3%). Les principales associations étaient : Céfotaxime + Gentamycine + Métronidazole (35,29%), Imipénème + Amikacine + Métronidazole (12,74%), Imipénème + Amikacine (9,80%), Pipéracilline/Tazobactam + Amikacine (9,8%) et Ertapénème + Amikacine (5,88%). L’antibiothérapie probabiliste était adaptée dans 69,4% des cas. La durée moyenne de l’antibiothérapie était de 11±6 jours. Le taux de mortalité, pendant la durée de séjour qui était de 32±23 jours, était de 39,2%. Les microorganismes retrouvés sont ceux de la flore digestive qui est généralement modifiée et les bactéries sont alors multi-résistantes. La prescription de l’antibiothérapie probabiliste doit en tenir compte. Ainsi, l’association Imipénème-Amiklin nous semble adaptée à notre écologie. Cette antibiothérapie probabiliste sera adaptée secondairement aux résultats de l’antibiogramme afin de limiter la sélection de germes multi-résistants.

REFERENCES :